La vie de château

Deux fois par an, nous réalisons ce billet d’humeur afin de raconter à nos clients les plus fidèles les dernières évolutions des différents millésimes de château-hourtin-ducasse qu’ils ont dans leur cave, les derniers faits marquants du domaine ainsi que les dernières informations de la place de Bordeaux. C’est une façon pour nous de rester en contact et de leur faire partager notre passion. Une fois en été, une fois en hiver, nous éditons La Vie de Château et l’envoyons par courrier.
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La vie de château

La dernière édition de notre billet d’humeur : HIVER 2018-2019, n°35

 

LE CUIVRE, AVEC OU SANS ?

En agriculture biologique, les principaux produits de traitements sont à base de cuivre ; il est logiquement autorisé car naturellement présent dans la nature.

Néanmoins, le cuivre comme tous les métaux lourds, ne se dégrade pas, ne s’élimine pas et s’accumule dans la couche supérieure du sol. Les pieds de vigne s’enracinant en profondeur évitent cette zone à haute concentration. Mais défoncer une vigne pour y mettre d’autres cultures mène souvent à l’échec. Le cuivre, parfois utilisé en grandes quantités, est destructeur de la microflore du sol et de la faune aquatique, atteinte par l’érosion et le ruissellement ; à forte dose il devient phytotoxique, avec un seuil de tolérance variable selon les espèces végétales. Mais le cuivre est également un des minéraux indispensables aux plantes, un élément nutritif, comme l’eau, ou l’oxygène. Il participe à de multiples systèmes enzymatiques, tels que la photosynthèse durant laquelle il favorise la fixation de l’azote, mais aussi la respiration, l’alimentation, la fertilité ou la détoxification. Carence comme excès de cuivre sont donc néfastes au bon développement des végétaux. La concentration optimale serait comprise entre 2 et 30 mg par kilogramme de matière sèche* dans les parties aériennes d’une plante.

Quelle est alors la dose parfaite à pulvériser sur une vigne, par cépage, pour qu’il soit entièrement au service du plant, entièrement assimilé et digéré et ainsi ne pollue ni n’appauvrisse les sols ? De récentes études avancent le chiffre de 30 à 100 g par hectare et par an**. Quoi qu’il en soit nous serons bien en-dessous des 6 kg, ou 4 kg à venir, de cuivre autorisés à l’année sur un hectare des différents référentiels bio ou autres ! Les alternatives pour demain restent donc une priorité. Seront-elles infusions, huiles essentielles (que nous utilisons déjà depuis plus de 10 ans), décoctions, purins, macérations… ? Mais sûrement accompagnés d’une faible mais juste dose de cuivre pour ne pas affamer nos pieds et bloquer leur métabolisme. De nouvelles expériences à venir, tout en précision.

Michel Marengo

* Croissance de la plante en fonction de la concentration en cuivre dans la matière sèche, Reuter et Robinson, 1997 - ** Rencontres techniques Auréa, novembre 2017

 

MILLÉSIME 2018 : J’AIME PAS LE MILDIOU !

Un hiver humide et des températures clémentes qui n’ont pas permis d’assainir naturellement les sols, suivis de nombreux épisodes pluvieux, ont créé les conditions idéales de l’arrivée du mildiou. Et même avec des traitements en continu, 11 cette année contre 7 l’année dernière, la vigilance nécessaire a mis les nerfs des vignerons à rude épreuve. Attaques de mildiou historiques et cumuls de pluie ont entrainé de grosses pertes de rendement pour tous ceux qui n’utilisent pas de traitements chimiques. Heureusement, la fin de saison sèche a permis aux vignes touchées de ne pas perdre qualitativement et associée à de petits volumes, elle a peut-être évité le blocage des maturations. Elle a également engendré des maturités phénoliques et technologiques précoces (démarrage des vendanges le 18 septembre). Attendre était possible mais cela a certainement conduit à des degrés élevés, des acidités trop basses et des arômes très confiturés. Chez nous, les fermentations alcooliques sont terminées, 57 % en barriques ouvertes et 8 % en barriques fermées (une nouvelle expérience à vous raconter). Des couleurs profondes, des merlots tout en élégance. Bientôt les fermentations malolactiques… 

 

CABANAGE, PAS TOUT SEUL

L’expérience du cabanage mis en place sur quelques rangs de nos vignes (cf. La Vie de Château n°34) a donné ses premiers résultats. Nous avons noué les extrémités des rameaux entre eux. Les vrilles ont fait leur travail et les noeuds sont devenus indissociables. Pas de traumatisme de la coupe et le pied n’a pas été laissé sans défense, comme après chaque passage de la rogneuse. Ça fonctionne ! En dehors du temps nécessaire, dix fois supérieur au rognage d’une même surface, l’effet est immédiat et l’apex joue son rôle. La vigne se raisonne seule ; elle contrôle la pousse, le volume de feuilles et l’organisation autour des grappes. Néanmoins, il se créé un bosquet de feuilles en arc au-dessus des pieds, propice au développement des maladies cryptogamiques comme le mildiou. Il faut donc une surveillance accrue de ces endroits sensibles avec un accompagnement plus intensif aux périodes critiques. Le cuivre serait-il encore l’allié indispensable, à très faible dose ? 

 

LES 32 DERNIERS MILLÉSIMES ONT REÇU 129 MENTIONS

À Paris, Londres, Pékin, New-York, Tokyo… nos millésimes ont été sélectionnés et reconnus pour leurs qualités. Récemment, le millésime 2015 a reçu une médaille d’argent au Prix Plaisir 2018 Bettane+Desseauve à Paris ainsi qu’une médaille d’or au concours Féminalise 2018 à Beaune avec un jury exclusivement constitué de femmes. Le millésime 2016 vient de recevoir une médaille d’argent au Decanter Asia Wine Awards 2018 à Hong Kong et le millésime 2017, avec un échantillon prélevé directement sur barrique, a été noté 91 par Wine Enthusiast, référence en matière de dégustation aux Etats-Unis. Quels millésimes recevront vos faveurs ?

 

 

LE GOUT DU TERROIR

Le vin a traversé de nombreuses crises politiques, religieuses, économiques et sanitaires depuis qu’une amphore oubliée dans un coin lui permit de se révéler (cf. La Vie de Château n°13). Mais c’est un minuscule démon venu des Amériques qui décima le vignoble français. Le Phylloxera vastatrix, du grec sèche-feuille dévastateur, est une espèce de l’ordre des pucerons ; le phylloxéra gallicole se développe sur les feuilles et entraine leur dessèchement et le phylloxéra radicicole se développe sur les racines et entraîne leur pourrissement. Pour certains, il se présente successivement sous forme aptère puis ailée, ce qui lui permet de créer de nouveaux foyers d’infection au gré du vent.

En 1865, il débarque sur nos côtes, accroché à quelques pieds de vignes importés par des collectionneurs. Après l’oïdium en 1830, puis le mildiou, deuxmaladies cryptogamiques qui causèrent des dégâts considérables, nous n’avions encore rien vu ! D’abord le Midi provençal, puis le Bordelais, la Charente, le Minervois, le Beaujolais, la Bourgogne, le Val de Loire, la Champagne…toutes nos régions viticoles sont touchées et en 30 ans, c’est 800 000 hectares qui disparaissent sous les piqûres de notre ennemi (près du tiers de la surface viticole française de 1875).La science est impuissante, alors on multiplie les expériences : submersion hivernale des vignes pour noyer la bête, irrigation des parcelles au vin blanc, épandage de cendres, utilisation de chaux vive, de sels de fer, enterrement d’un crapaud vivant sous le cep… C’est Jules Planchon, directeur de l’Ecole Supérieure de Pharmacie de Montpellier et découvreur du phylloxéra, qui, en 1873, importe des plants américains résistants à l’envahisseur pour y greffer notre Vitis vinifera européen ; il installe dans nos sols ces « mariages forcés » en remplacement de nos pieds francs.Les hybrides obtenus sont non seulement insensibles au phylloxéra, mais ils supportent mieux le froid et résistent mieux à d’autres parasites comme le mildiou. Et puis les rendements sont meilleurs. La reconstitution du vignoble se fait alors petit à petit grâce à des encouragements fiscaux et à la formation des coopératives. Le porte-greffe est ainsi devenu un élément essentiel de la réussite d’une plantation. Choisi en bonne adéquation avec le type de sol, il confère au greffon vigueur, précocité et fait le lien entre le sol et le greffon.

Mais n’est-ce pas le problème ? Le pied du cépage n’est plus en prise directe avec la terre et encore moins sa grappe et son fruit. Cet intermédiaire ne brouillerait-il pas le message du terroir ? Ce filtre moderne puise les apports qui lui sont nécessaires en fonction de sa propre physiologie et non de celle du greffon. Sans parler de la blessure infligée aux plants pour « souder » ces deux corps qui peut être traumatisante ; une mauvaise vascularisation peut créer une dégradation tissulaire voire une zone de nécroses. Alors on se prend à rêver, pour retrouver le goût du terroir, à des vins authentiques, intègres et francs… de pied. 

 

La vie du domaine et de nos vins

noGGIN, Y EN A PLUS

Fin août, nous avions vendu nos 337 bouteilles de noGGIN 2017. Finis les gin tonic au concombre plein de fraicheur, les gin fizz accompagnés de fraises écrasées, les brochettes de porc marinées sucrées-salées… Seuls quelques flacons ont été épargnés afin de vous le faire déguster quand vous passerez dans le Médoc. Alors cap sur le millésime 2018. Mais quel cruel dilemme ! Préférons-nous que tous nos lots s’accordent magiquement lors de l’assemblage pour une plus grande production de Château Hourtin-Ducasse ? Ou souhaitons-nous disposer de quelques hectolitres qui nous offriront l’opportunité de produire à nouveau « la gnôle du patron » ! Entre les deux, notre coeur balance. Quoiqu’il en soit, pensez à réserver ; les quelques bouteilles numérotées seront rares. 

 

ON VOUS REÇOIT, TOUTE L’ANNÉE

La belle saison s’éloigne. Les raisins sont rentrés et dans les chais, tout s’anime. On regarde les transformations se faire, on les écoute, on les respire… pour mieux les accompagner et une autre magie s’opère. D’abord les vinifications puis l’assemblage, l’élevage ; et nous vous les faisons partager. L’hiver, nous vous recevons dans nos chais, au milieu des barriques pour mieux vous raconter toutes ces étapes de la vie du vin qui participent à la naissance du millésime. Nous vous montrons et racontons nos nouvelles expériences en cours et à venir, pas toujours réussies mais toujours instructives, et partageons quelques-uns de nos vins autour d’une assiette du terroir. N’hésitez plus, choisissez par téléphone ou directement en ligne sur notre site (notre planning y est accessible) et passez nous voir (de chaudes étoles sont à votre disposition. 

 

PROCHAINES RENCONTRES, ICI ET AILLEURS

À Tokyo, au Grand Tasting Bettane Desseauve, du 2 au 4 novembre 2018 - À Marseille, au SAVIM des vins et de la gastronomie, du 15 au 19 novembre 2018 - À Paris, Porte de Versailles, au Salon des Vignerons Indépendants, du 29 novembre au 2 décembre 2018 - À Paris, Porte Champerret, au Salon des Vignerons Indépendants, du 22 au 25 mars 2019 - À la maison, pour le Week-end des Portes Ouvertes du Médoc, les 6 et 7 avril 2019 (et tous les autres jours de l’année). Pour vos invitations dans les salons, n’hésitez pas à nous contacter 

 

QUELQUES ADRESSES OÙ SE RENCONTRER DANS LE MÉDOC… 

Chez Mémé, à Saint-Julien : nappes à carreaux rouges et blancs, jolies pierres apparentes et on adore leur tartare de boeuf. Vous serez surpris quand vous rencontrerez Mémé !

La Table Médocaine, à Soulac : quel camembert rôti !

L’Embellie, à Listrac Médoc : on y aime la table haute, leurs vins et on ne se lasse pas de leur tartare de noix Saint-Jacques.

La Maison du Douanier, à Saint-Christoly : un bel endroit et une si belle vue sur l’estuaire.