La vie de château
Deux fois par an, nous réalisons ce billet d’humeur afin de raconter à nos clients les plus fidèles les dernières évolutions des différents millésimes de château-hourtin-ducasse qu’ils ont dans leur cave, les derniers faits marquants du domaine ainsi que les dernières informations de la place de Bordeaux. C’est une façon pour nous de rester en contact et de leur faire partager notre passion. Une fois en été, une fois en hiver, nous éditons La Vie de Château et l’envoyons par courrier.
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LA DERNIERE EDITION DE NOTRE BILLET D’HUMEUR : hiver 2010-2011, n°20
Facebook ou Parker ?
Les amateurs de vin ont toujours été à la recherche de la perle rare, de la nouveauté, de la bonne affaire. Après la période de désert où il ne fallait compter que sur nos voyages ou nos amis pour découvrir de nouveaux vins et où, il faut l’avouer, nous buvions souvent les mêmes étiquettes, nous sommes entrés dans la période Parker. Dégustateur de référence, il a marqué la planète vins, capable d’en déguster près de 300 par jour, pour parfois bousculer la hiérarchie établie, défaisant certains mythes et créant de nouvelles « marques ». Son objectivité et sa capacité à se remettre en cause sont sans doute les raisons essentielles de sa réussite et de son emprise sur le marché, conduisant même certains producteurs à « parkeriser » leurs vins pour obtenir les grâces du dégustateur et ainsi bénéficier des avantages commerciaux engendrés par une bonne note.
Aujourd’hui internet est devenu la première source d’informations ; chacun se transforme en reporteur, analyste voire expert. On ne compte plus le nombre de blogs, de sites, de pages personnelles consacrés au vin (Adegga, Blogovino, Cork’d, Cellar Tracker, Oenoline, Snooth, Vinogusto…), sans parler de Facebook où même le Château Hourtin-Ducasse a sa page. Facebook, avec sa capacité à publier des milliers de notes de dégustations par jour, où tout le monde peut classer, reveler ses découvertes et participer à la construction ou à la destruction d’une reputation, sera-t-il le nouveau Parker ? Mais attention ! Quid de l’objectivité, de la distance qu’il faut savoir garder ? Comme l’actualité qui regorge de fausses nouvelles, des dégustations et commentaires apparaissent, pas toujours très professionnels, avec, pour un certain nombre, une constance ou une similitude qui ne peut que nous conduire à douter de leur réalité ; ils semblent plus proches du discours commercial que de l’avis sincère et respectable d’un passionné de vin. Finalement ne vaut-il pas mieux un professionnel objectif dont on connaît les travers (cf. La Vie de Château n° 1) à un foisonnement aléatoire sur internet avec toutes les dérives qu’il peut engendrer ? Après les vins « parkerisés », attention à ne pas sombrer dans les vins « buzzés », « peopolisés » ou « facebookés ». A nous de rester vigilants pour savoir détecter les manipulations et n’utilisons ces multiples informations que comme des aides à l’organisation de nos recherches et de nos dégustations pour ne garder que les vins qui nous procurent un réel plaisir personnel. Faisons-nous confiance !
Michel Marengo
Vendanges 2010, encore plus tard !
L’excellent état sanitaire de nos vignes, alors qu’aucun produit phytosanitaire n’a été utilisé cette année, et la clémence du temps nous ont permis d’attendre sereinement que les maturités phénoliques soient atteintes. Un millésime extrêmement tardif donc, avec des vendanges qui se terminent le 25 octobre et qui n’ont commencé que le 5 octobre pour les rouges. De façon tout à fait surprenante, nous avons débuté par les cabernets francs, ce cépage d’habitude tardif a été le premier à arriver à maturité, les petits verdots ont comme d’habitude fermé la marche des vendanges. Lors des premières dégustations le millésime est caractérisé par une incroyable sensation de puissance et de concentration avec des arômes de fruits intenses et des couleurs très profondes. A nous de gérer les hauts degrés d’alcool au moment des dernières fermentations et de l’élevage en barriques. Pour les volumes, nous subissons toujours l’impact des méthodes d’agriculture de « conservation » que nous appliquons, mais une meilleure maîtrise de ces techniques nous permet d’avoir une vendange comparable à celle de 2009 malgré 2,5 hectares de surface vendangée en moins. Nous avançons donc lentement, sans que ce soit un objectif, vers les 48 hl/ha autorisés par notre appellation.
2008, "médaillé" Cru Bourgeois
Après avoir été classé Cru Bourgeois dès la première publication en 1932 puis confirmé en 2003, depuis novembre 2009 le Château Hourtin-Ducasse est éligible à la nouvelle classification. Notre millésime 2008 a donc participé à la dégustation annuelle à l’aveugle afi n d’être sélectionné. Le Château Hourtin-Ducasse 2008 a été reconnu Cru Bourgeois et fait donc partie de la liste des 243 vins publiée au journal officiel ; il a ainsi obtenu l’autorisation de faire figurer, telle une médaille, la dénomination « Cru Bourgeois » sur son étiquette. Historiquement, la mention était un label d’excellence, de constance, la qualification d’un producteur et de son terroir pour son travail, une reconnaissance pour plusieurs millésimes produits. Aujourd’hui, la remise en cause pour chaque millésime de cette sélection, est une véritable Epée de Damoclès, rendant difficile de se projeter dans la durée comme le travail de la vigne et du vin le requiert. L’avenir nous dira si cette sélection va réussir à exister et à être perçue comme un véritable classement, gage de qualité dans la continuité, ou si elle va rejoindre la jungle des concours et des médailles qu’un vin ne peut bien évidemment pas gagner tous les ans ! Une évolution des règles sera peut-être nécessaire, à suivre...
Des vins et des usages
Seizième étape : offrez des rencontres !
« Il y a plus de philosophie dans une bouteille de vin que dans tous les livres » disait Louis Pasteur. Alors, de la même façon que nous aimons offrir la littérature, pourquoi ne pas off rir les bons nectars. Pour Noël, pour un anniversaire, pour un dîner, pour remercier… le million de viticulteurs dans le monde propose une telle palette de produits que vous êtes sûrs d’y trouver celui qui saura plaire. Pour vous aider à choisir, deux questions doivent être préalablement posées : pour qui ? Et dans quelles circonstances ? La personne à qui est destiné votre cadeau entraîne certaines contraintes qui restreignent l’éventail du choix (et c’est tant mieux !). Pour un connaisseur, optez pour une valeur sûre ; une grande appellation, de bordeaux ou de bourgogne, rouge ou blanc, dans une année qui se garde, trouvera sa place dans la cave. Un proche vous permettra de prendre plus de risques et de jouer l’effet de surprise ; faites-lui découvrir des pays producteurs que l’on connait peu : un chilien, un canadien, un néo-zélandais ? Les femmes s’y connaissent désormais. Elles aiment les mêmes vins que les hommes et sont particulièrement sensibles aux arômes, aux parfums donc attention au nez du vin. Et n’oubliez pas le contenant : la bouteille peut aussi être un élément de décoration, alors choisissez-la jolie.
Quant aux circonstances, si la bouteille doit être bue le soir même, surveillez le millésime. Ensuite, parler du vin fait souvent partie des sujets de conversation d’un dîner. Alors renseignez-vous sur le producteur et ses techniques de viticulture ou d’élevage ; quand on sait qu’un vin n’a été en contact avec aucun produit phytosanitaire ou que le vigneron a choisi de ne le faire vieillir qu’en cuve pour que le bois n’intervienne pas dans ses arômes, on ne le goûte pas tout à fait de la même façon. Pour un anniversaire, misez tout sur le millésime bien sûr et trouver des vins de l’année de la naissance ou du mariage. Pour une soirée de fête, choisissez les bulles, brutes ou rosées, ou les années mythiques, un 2000 fait toujours son petit effet. A mettre sous le sapin, la caisse bois est une véritable attention qui embellit la bouteille et qui permet de bien ranger ses vins dans la cave. Et tous les prix sont possibles avec une ou douze bouteilles et des vins de 5 € à 10 000 € ; à vous de définir le budget. Quoi qu’il en soit, offrir du vin, c’est offrir du plaisir, une découverte, une nouvelle rencontre à celui qui reçoit votre cadeau… dont vous profiterez peut-être !
La vie du domaine et de nos vins
Les Roses de Marie 2010 existent
Samedi 16 octobre, nous avons fait l’assemblage des Roses de Marie 2010, avec pour objectif de produire un vin de soif que nous aurons plaisir à boire entre amis pendant les mois d’été. Nous avions ramassé le cabernet-sauvignon très tôt pour avoir le moins possible de sucrosité dans les peaux, puis nous l’avons immédiatement pressé afin de garder le jus clair. Et cette année, quelle structure, quelle fraîcheur, quelle vivacité ! L’apport du cabernet franc, qui a été lui saigné pour un peu plus de contact avec les peaux, ne pouvait être que très faible bien que nécessaire pour donner de la finesse. Alors Les Roses de Marie 2010 sont composées de 98 % de cabernet-sauvignon et 2 % de cabernet franc (en 2008, les proportions étaient de 50/50). Avec une très jolie couleur pelure d’oignon, le 2010 est formidablement frais et vif en bouche. Il nous plaît beaucoup ! Les prochaines étapes seront tout d’abord la clarification pour le rendre limpide, la filtration pour le « nettoyer » puis la mise en bouteilles avant la fin de l’année. La production totale de Roses de Marie est de 19 hl ce qui correspondra à seulement 1 000 bouteilles, 200 magnums, 100 doubles-magnums (sublimes !) et 100 bag-in-box.
Le Château Hourtin-Ducasse 2008 : nouvelle étiquette, nouvelle bouteille, cru bourgeois
et en retard !
Des idées pour associer un plat à un château-hourtin-ducasse ? Désormais, chaque année, nous interrogerons quelques-uns des restaurateurs qui ont du Château Hourtin-Ducasse dans leur restaurant pour connaître le plat qu’ils proposent à leur carte et qu’ils aiment avec notre vin ; nous vous le présenterons sur les contre-étiquettes. Nous avons débuté avec le millésime 2008. Et puis, au classique vert bouteille, nous avons préféré plus d’élégance pour vos tables avec la couleur ambre. Enfin, le Château Hourtin-Ducasse 2008 est un Cru Bourgeois, ce qui n’est plus une évidence pour chacun des millésimes à venir (cf. article 2008, «Médaillé » Cru Bourgeois). Mais l’attente des résultats de cette 1ère année de nouvelle classification a entrainé des retards pour la fabrication de nos étiquettes et donc de la livraison de vos primeurs. Nous vous prions de bien vouloir nous en excuser. Et fort de cette 1ère expérience, parions que nous réussirons à être plus efficace l’année prochaine, quels que soient les résultats !
